Désolé d'avoir été si longtemps silencieux.
L'heure du retour a enfin sonné, et pour fêter ça, je ne résiste pas au plaisir de citer ce que Scarecrow, alias Claro, a posté sur son blog (vous devriez y faire un tour plus souvent -- voir les liens)
[citation]
A la question séminale: "Avez-vous lu ce livre", il serait tentant, tel
l'ami facétieux, de répondre par un "Pas personnellement". Le salon de
tous les livres à lire va ouvrir ses portes. Les cuistres y trouveront
champagne, les éditeurs piétineront les pieds de leurs curateurs, des
auteurs y verront d'autres hauteurs, on retiendra la nuit et le ciel
restera changeant. Ceux qui touillent la la langue, sur leur chaise
plus ou moins pivotante, avec pour seul faux miroir le rectangle ignare
de l'ordi à moins d'un pied de leur yeux cassés, ceux qui s'arrachent
les poils du cortex pour une giclée d'adjectifs, qui relisent pour
mieux oublier, qui délisent et s'enlisent, tous les auteurs en fin de
droit et en début d'oubli, ceux que la presse oppresse et que la nuit
appelle, eh bien, eh bien, où va tout cela, toutes ces pages qu'on
enfonce à coups de touches par des doigts furieux? Qui lit? Qui lit?
Qui lit? Qui sait que lire et écrire ne sont que le pile et la face de
la même monnaie que nul ne rend, sinon quelque soleil noir? Pour
ceux-là, frères d'archives mentales et de sanguinolente engeance, au
détriment d'une gloire qu'on réservera aux soigneux caniches de la
plume-au-cul, souhaitons dérive et absence de leçon, fuite et pluie de
nerfs. La vanité des vanités crie dans le désert des bibliothèques.
Mais qu'une goutte fasse danser la mer et tous les poissons gagneront
en écailles, en éclat. Restons le tiers état, ne soyons rien, cassons
tout. La langue se tire ou se tord, c'est affaire de goûts. Les pitres
passeront. On va durcir le ton. Promis.
[/citation]
A tous ceux que la plume démange, vous savez ce qui vous reste à faire.

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